La pointe du Minou

Impossible de faire escale à Plouzané sans aller voir le phare du Petit Minou, fièrement perché sur sa pointe rocheuse, face à la presqu’île de Crozon, et ses panoramas à couper le souffle.

Outre le phare, découvrez également le fort dans lequel il se situe, mais aussi la plage située non loin, bien connue des surfeurs !

Le phare, patrimoine exceptionnel

Le phare du Minou a été élevé sur la pointe en 1848. Un pont de pierre en granit d’une hauteur de 24 mètres mène à la tour cylindrique du phare. Haut de 26 mètres et automatisé depuis 1989, il projette un éclat rouge et blanc toutes les 6 secondes. Sa portée est de 18 milles nautiques dans le blanc et de 14 milles nautiques dans le rouge (soit 30 km et 23 km).

L’origine du nom

Aucun lien avec nos amis les chats ! « Min » signifie en breton : embouchure ou pointe et devient « minou » au pluriel. Le site se compose en effet de deux pointes, le Grand Minou et le Petit Minou.

Un vrai paradis

Le Petit Minou est un phare « paradis », car situé sur la côte. Il existe aussi les phares « purgatoires » sur des îles, et « enfer » en pleine mer. Pourtant, à la différence des autres « paradis », le Minou a la particularité de posséder plusieurs pièces, permettant aux gardiens d’y séjourner.

Un site aux nombreuses facettes

Féru d’histoire, de nature, de sport nautique ou de balade ? Vous trouverez forcément votre bonheur au Minou. En contrebas du Fort, le GR 34 vous conduira jusqu’à la plage du Petit Minou, un spot de surf bien connu dans la région.

Des origines militaires

Le fort du Minou fait partie des nombreuses fortifications édifiées pour contrôler le goulet de Brest. Construit entre 1694 à 1697, il est entouré, côté terre, par une douve de 9,5m de largeur pour 3 m de profondeur. On y accède par un pont-levis. A l’issue de cette première phase, le fort du Minou ressemble déjà à ce que nous connaissons aujourd’hui : un retranchement fortement armé protégé par une haute muraille. Mais on y trouve aussi plusieurs bâtiments abritant la garnison, les munitions, les vivres…

En 1841, face à de nouvelles menaces, les remparts sont consolidés, épaissis et surélevés aux dimensions qu’on leur connaît actuellement. En 1844, il est décidé de réorganiser le fort du Minou. Le pont fixe de l’entrée est remplacé par un pont-levis.

En 1870, c’est de nouveau la vocation militaire du Minou qui est réaffirmée. Le site est complété par des casemates enterrées permettant des tirs au ras de l’eau et des batteries hautes.

Les rivalités franco-anglaises diminuant au début du vingtième siècle, les équipements lourds sont petit à petit retirés pour être redirigés vers l’Est de la France où se profilent d’autres conflits… Le fort devint alors étonnamment un lieu de loisirs : Edmond et Dalila Torchiot y installent, dans l’entre-deux guerres, un hôtel et une rôtisserie dont la notoriété va bien au-delà du pays de Brest.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, le site étant un point stratégique pour la défense du goulet, un blockhaus y a été construit. L’approvisionnement en munitions était possible de la plage, au pied du fort, en passant par les anciens passages construits du temps de Vauban dans les remparts. En 1940, les Allemands arrivent et occupent le fort. Quatre ans plus tard, à la Libération, il ne reste plus grand chose de l’ancien restaurant, ni des bâtiments qui auparavant occupaient cette enceinte.

Après-guerre, le site est délaissé et n’abrite plus que le phare et la maison du gardien. Alors en pleine guerre froide, on craint des attaques contre la flotte et les sous-marins basés en rade. Pour lutter contre d’éventuelles immersions de mines, larguées par avion, une tour est construite devant lui. Elle porte à son sommet un radar qui veillera sur le goulet jusqu’au début des années 1980, date à laquelle il sera démonté.

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